Un bon taux de participation au budget participatif se situe autour de 5%. L’enjeu n’est pas simplement d’accroître la participation, c’est aussi l’inclusion des publics éloignés dans le programme. Retours d’expériences 

1- Faire participer les publics éloignés :
s’appuyer sur les structures locales

La plus faible participation des publics éloignés n’est pas spécifique au budget participatif. Dans toutes les villes, le programme s’appuie sur les structures de quartier (maisons et conseils ou comités). Les élus et les services sont présents sur les marchés, dans les fêtes de quartier pour informer les habitants. Pour Christine Goldstein, à Metz, le budget participatif est une opportunité : « d’habitude les publics sont ciblés, pas là. » 

 ♦ Lire notre article :  « A Metz le budget participatif veut connecter dans la vraie vie. »


2- Mobiliser tous les quartiers : Grenoble en campagne

La caravane des projets veut mobiliser en faisant du vote une fête, à Grenoble.

La caravane des projets veut mobiliser en faisant du vote une fête à Grenoble.

Au budget participatif, on vote d’abord pour du concret. Les porteurs de projets sont par conséquent les meilleurs relais. Paris et Rennes l’ont bien compris et, cette année, Grenoble fait à son tour battre campagne à ces porteurs. La « caravane des projets » passe dans toute la ville pour un moment festif autour du programme (voir ici). Chaque porteur bénéficie en outre d’affiches, de flyers et d’un portrait sur TV Grenoble. Pour la Ville, il s’agit aussi de traiter les 26 projets à égalité.

Un vote de proximité
Oublié le bureau de vote unique à Grenoble ouvert deux jours. Cette année, la capitale de l’Isère s’inscrit dans une logique de proximité avec huit bureaux de vote ouverts une semaine et deux autres dans les secteurs commerciaux. Mais pas de vote électronique. A Paris, il représente pourtant 60% de la participation.

Lire notre article :  « A Rennes, un outil de démocratie locale pour tous les habitants. »


3- Soutenir les projets des quartiers populaires :
Paris flèche 30 Millions d’euros

A Paris, 30 millions d’euros ont été fléchés vers les quartiers populaires pour l’édition 2016. Des idées, les quartiers populaires en ont. Seulement, les porteurs de projet ont davantage de difficultés à mobiliser pour le vote. Avec 30 M€ pour ces quartiers, les projets peuvent passer avec moins de votants… Il s’agit d’encourager la participation et d’entrer dans un cercle vertueux. A l’origine, le budget participatif conçu à Porto-Alegre visait une réorientation de la dépense publique vers ceux qui en avaient le plus besoin.

Lire notre article :  « Les nouveautés 2016 du budget participatif à Paris. »

 


Bilan : pour des budgets participatifs inclusifs


Aujourd’hui, ce sont d’abord les citoyens les mieux informés qui se saisissent, dans un premier temps, des budgets participatifs, à titre individuel ou d’un collectif. L’objectif poursuivi à présent est d’aller à la rencontre des publics les plus éloignés pour une démocratie plus inclusive. Ces publics éloignés ont fait le succès de Porto-Alegre, mais aussi du « participatory budgeting » de New-York. L’autre enjeu est de faire participer tous les autres, en prenant en considération une tendance, l’engagement est plus ponctuel.


Image de couverture : Agora citoyenne à Rennes, pour donner aux porteurs de projets la capacité de présenter leurs projets et mobiliser // image France Info