« Angers se révèle », c’est ainsi qu’en cette année 2019, la préfecture du Maine et Loire a présenté ses vœux. Cette « révélation » fait écho à toute une série de réalisations et de résultats économiques notamment. Elle est aussi l’affirmation de la participation citoyenne dans la décision publique. Alors Angers, simple élève-modèle ?

Le dialogue entre les Angevins et leur ville n’est pas une nouveauté. Récemment disparu, Jean-Claude Antonini, qui fut maire d’Angers de 1998 à 2012, l’actuel maire, fut précurseur sur le plan de la démocratie locale, comme l’a souligné, en hommage, son successeur, Christophe Béchu.

La ville a su tisser un lien avec les habitants et leur soumettre une multitude de canaux, qu’il s’agisse de concerter autour des projets, d’informer et d’écouter dans les quartiers ou, plus simplement, de signaler un problème sur l’espace public.

Le budget participatif d’Angers en chiffres

Angers compte 150 mille habitants. Pour sa première édition, la préfecture du Maine et Loire a consacré 1 million d’euros au budget participatif. Les Angevins ont déposé 303 idées dont 84 faisables et 59 projets ont été présentés au vote. Au final 6761 habitants ont voté pour 16 projets.

Une politique complète de participation citoyenne

Aux côtés de ces temps et outils de dialogue, Jacques Boudaud, DGA en charge de la proximité et du renouvellement urbain détaille les outils et les modalités de la politique de participation citoyenne qui ont vu le jour et placent la ville parmi les plus innovantes, avec par exemple les consultations autour du vieillissement ou les inédites Assises du stationnement.

Angers développe également, avec succès, la participation directe des citoyens. Sa journée citoyenne a vu sa fréquentation multipliée par cinq depuis sa création en 2015, avec 3500 personnes mobilisées autour de 80 chantiers initiés par les habitants. Bientôt c’est un Comptoir citoyen qui verra le jour afin d’encourager l’inclusion.

Enfin, en 2018, Angers s’est engagée dans un budget participatif. Et cette première édition s’est avérée être un succès avec une participation s’approchant des 7000 votants. Dans les faits, la ville s’est inspirée en observant des collectivités comparables, relate Marc Faugères, en charge du budget participatif.

L’opportunité de faire évoluer le management

Dès le dépôt des idées, la plateforme a recueilli des échanges constructifs et positifs, se félicite Michelle Moreau. La première adjointe à la Citoyenneté l’explique justement par la multitude des canaux d’expression offerts aux citoyens. De fait, 300 projets ont été déposés l’an passé et près d’un tiers se sont avérés faisables. A n’en pas douter, certains porteurs retenteront leur chance cette année !

Ecrivons Angers.fr : le choix de l’open source

Angers a choisi la plateforme Decidim pour ses consultations citoyennes et son budget participatif. Élaborée à Barcelone, cette plateforme Open source est développée en France par Open Source Politics. La collectivité parvient aujourd’hui à diffuser son usage dans les services. C’est le cas avec les Assises du stationnement.


Jacques Boudaud est également en charge de la mobilisation des ressources nécessaires à la participation citoyenne : s’appuyant sur le projet managérial de la collectivité, , il a fait du budget participatif, un outil au service du management. Parce qu’il amène les services à co-construire avec les habitants les projets et les accompagner vers leurs réalisations, il est ici conçu comme une ouverture et une valorisation de l’administration.

Ce point crucial n’est malheureusement que rarement compris ou exploité par les collectivités. Les élus peuvent s’imaginent que le budget participatif sera mal accueilli par les agents et ne parviennent pas toujours à dépasser l’idée qu’il ne s’agit que d’une charge de travail supplémentaire…

Grand Prix Cap’Com 

Angers a reçu le Grand Prix Cap’Com 2018 pour la communication qui a accompagné son budget participatif. « La mission première de la communication publique est de donner envie aux habitants de s’impliquer dans la vie de la cité » déclarait Xavier du Crest, président du 30ème Grand Prix Cap’Com.


Bilan : un bon élève qui sait aussi cultiver son jardin

Pour 2019, les Angevins ont jusqu’au 30 avril pour déposer leurs projets sur Ecrivons-angers.fr. Avec une spécificité cette année, la ville, capitale du végétal, proposera au moment de vote de choisir deux projets en lien avec cette thématique. Une idée qui m’avait séduite lorsqu’elle n’en était encore qu’à son éclosion. On peut être un élève appliqué et savoir cultiver son jardin !