Plan vélo, Primes à l’achat, indemnité kilométrique, voies cyclables… la part du vélo progresse dans les agglomérations mais fléchit en dehors. Le Budget Participatif peut-il être une piste pour y emprunter la voie cyclable ?

Dans les métropoles, les projets vélo sont toujours très présents au budget participatif et les voies cyclables aux avant-postes. Problème : elles coûtent cher, très cher, voire même très cher !

Le kilomètre est estimé à 150 000 euros en milieu urbain peu dense, 270 000 euros en banlieue dense et jusqu’à 800 000 euros en cœur de ville selon une étude Inddigo pour l’ADEME citée par Le Monde.

Autre problème : ces voies cyclables doivent se connecter entre elles. De même que pour la route ou les transports en commun, elles doivent former un réseau.

Le vélo, et en particulier ces triporteurs, sont aussi un média du Budget participatif.

Le Budget participatif en pistes


A Paris, en 2015 la victoire du projet “En piste, encore plus d’aménagements cyclables” est, en ce sens, révélatrice. Il s’agit de la fusion de 28 projets. Ce projet arrivé en tête est venu s’inscrire en complément du Plan vélo pour s’intégrer au réseau cyclable alors en projet.

En 2016, toujours à Paris, ce sont cette fois des projets plus localisés qui ont remporté les suffrages dans les arrondissements. Là encore, la somme totale consacrée – 11 millions d’euros – est très loin des montants que peuvent consacrer les villes au Budget Participatif.

Les projets ont-ils depuis disparu du Budget participatif de la capitale ? Non, mais les grands projets ont cédé la place à d’autres, plus modestes, ou ont été regroupés avec d’autres aménagements dans un secteur donné. Enfin, les priorités des habitants ont évolué vers l’écologie ou la solidarité par exemple.

A Lille, la Ville a fait le choix de s’effacer derrière la Métropole. Les projets vélo sont possibles mais les pistes cyclables, de la compétence de l’intercommunalité, n’ont pas été retenues par le jury citoyen qui décide in fine.


Le Budget participatif hors piste


Hors piste cyclable, point de vélo au Budget participatif ? Non et les projets des citoyens – ou ceux portés par les associations de promotion de la bicyclette – apparaissent toujours en bonne place dans les appels à projets. L’enquête nationale lesbudgetsparticipatifs.fr en préparation et qui sortira prochainement tendra à le confirmer.

Ces projets, plus modestes, privilégient donc d’autres aspects de l’usage du vélo : la sécurité anti-vol lors du stationnement avec des arceaux ou des garages comme proposé ici à Armentières, et l’entretien de la bicyclette avec des pompes en libre service par exemple.


Ces projets régulièrement proposés et votés en annoncent aussi de nouveaux, à l’image de ces vélibus, ces vélos collectifs pour prendre la route de l’école. Deux rosalies ont été acceptées et votées à Strasbourg pour 20 000 € l’unité, à la condition qu’un bénévole en assure la conduite.


Vers une campagne électrique ?


Aménagements, équipements, la pratique du vélo passe aussi par l’éducation à la route. Ces rosalies d’un nouveau genre y participe pour les écoliers. Mais pour les autres ? Certes, le vélo ne s’oublie pas, mais le rapport à la route n’est pas le même au guidon. C’est pourquoi des stages de conduite sont proposés pour inciter – et rassurer- les nouveaux cyclistes.

Certains de ces stages sont spécialement dédiés au VAE, c’est à dire le vélo à assistance électrique dont la part a atteint 40% du montant total des ventes de vélos en France. Les aides à l’achat, de 200€ à 600€, aident sans conteste leur développement.

Cette électrification qui facilite l’usage de la petite reine paraît être la solution pour conquérir les zones périurbaines et rurales. Pas si sûr. En dehors des questions de sécurité, il faut sans doute aussi faire évoluer les mentalités. Le vélo n’y a pas forcément la même charge symbolique. Celui qui roule à vélo, c’est aussi celui qui n’a pas le permis.


Pour changer les mentalités, la ville de Marck, dans le Pas-de-Calais, a proposé l’an dernier de consacrer son budget participatif, en exercice depuis 4 ans, à promouvoir et débloquer l’usage du vélo. A la clé une fête du vélo et des cours de bicyclettes.

Avec un modeste 20 000 €, le montant du Budget participatif ne permettrait pas d’aménager une voix cyclable. Mais il peut mettre en selle une politique publique


Et bien sûr, la pratique du vélo peut aussi s’axer sur le plaisir et les sensations.

Crédits photos : couverture Carlos ZGZ