Le budget participatif 2016 de Paris s’est achevée la semaine dernière avec l’annonce des lauréats. La participation est en hausse de 40%. C’est l’une des 5 infos à retenir de cette édition.

1- La participation a fait un bond avec une hausse de 40%

Le budget participatif s’inscrit édition après édition dans le paysage démocratique parisien. La participation fait plus que doubler par rapport à 2015 pour passer de 3% à plus de 7%. Au final, 158 964 Parisiens ont voté cette année ! La capitale dépasse Rennes qui avait pris la tête dès sa première édition. Ce bon chiffre est à relativiser cependant car il est atteint avec le programme des écoles et collèges suivi par 83% des établissements. Plus encadré, il représente 42% des suffrages.

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2- La solidarité est arrivée en tête des suffrages

« Des abris pour les SDF » est arrivé en tête des suffrages des 11 projets parisiens (208 au total). Ce vote intervient peu après l’ouverture d’un centre pour sans domicile fixe dans le XVIème arrondissement. Ce projet avait suscité une opposition parfois violente. Ce résultat porte un sérieux coup à cette minorité et marque au contraire un attachement des Parisiens à la solidarité. Le classement marque aussi le recul des thèmes du cadre de vie et de la mobilité. Ainsi les projets « piéton » ou « vélo » en pointe l’an passé cèdent leur place.

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3- Il a visé davantage d’inclusion des quartiers populaires

Le classement est aussi marqué par la présence de 7 projets labellisés « quartiers populaires » pour Paris et 51 pour les arrondissements, soit 27% des projets-lauréats. Ces projets disposent d’une enveloppe d’un minimum de 30 millions d’euros. Aussi, même s’ils sont soumis aux votes de tous les Parisiens, ils sont favorisés. Les 7 pour tout Paris poursuivent des objectifs généraux d’urbanisme ou de dynamisation des tissus commercial et associatif. Tous visent l’inclusion des quartiers populaires, en encourageant l’appropriation du budget participatif par les publics éloignés.

Lire notre article « Les nouveautés du budget participatif 2016 à Paris »


4- Avec 100 millions d’euros, il a encouragé une plus forte mobilisation

L’échelle de participation est une condition de la réussite du budget participatif, son montant aussi. En s’appuyant sur les structures locales et les associations, la Mairie de Paris a su mobiliser pour le budget participatif. L’opportunité financière a conduit les collectifs à faire campagne et expliquer ce qu’est le budget participatif. Un relais plus efficace et davantage investi que les médias. Il est aussi logique qu’un budget décidé par les citoyens soit mieux représenté par eux.

Lire notre article « Comment intéresser les médias au budget participatif »


5- Il peut changer Paris et pas seulement…

Avec un montant qui s’accroît d’une édition à l’autre, les Parisiens sont davantage associés à la gestion des ressources financières. Ce partage du pouvoir a des conséquences sur la manière de faire de la politique mais aussi d’administrer les services municipaux, qui doivent faire preuve de davantage d’ouverture pour être en phase avec les aspirations des citoyens et leur expertise d’usage. L’exemple réussi de Paris peut rapidement inciter d’autres villes à se lancer.

Lire notre article « Comment le budget participatif change la Mairie de Paris »


Bilan : plus de participation aujourd’hui, c’est plus de villes demain


Le premier résultat positif du budget participatif, c’est le bond dans la participation – même si les écoles y sont pour beaucoup. La Maire de Paris se targue même de dépasser New-York. Le prochain objectif sera peut-être San Antonio, au Chili…  En attendant de nouveaux records, Paris démontre qu’associer les habitants à la décision politique c’est possible chaque année et pas seulement tous les 5 à 6 ans. Une possibilité qui s’ouvre à présent à toutes les villes.