Avec le budget participatif, le politique fait une promesse : « Voici de l’argent pour vos projets. C’est vous qui décidez, nous les réaliserons. » Après le vote, les villes doivent donc lancer les travaux. Elles peuvent rencontrer des difficultés. Alors comment font-elles ? Nous avons interrogé Grenoble, Metz, Rennes et Paris et sélectionné les pratiques qui nous paraissent les plus efficaces ou les plus prometteuses.

Déminer les conflits d’usage et de voisinage :
des concertations micro-locales à Metz

Un projet voté dans le cadre du budget participatif peut modifier l’environnement d’un quartier. A Metz, Thomas Scuderi, l’adjoint à la démocratie participative, a souhaité renforcer la concertation. Les Comités de quartier rencontrent les riverains et donnent leur avis sur les projets. Ces avis sont ensuite publiés sur le site. A leur tour, les internautes vont pouvoir s’exprimer. L’objectif est de donner toutes les infos utiles pour le vote final, en présentiel, début novembre. A suivre.

♦ Lire aussi notre article consacré à la première édition à Metz

illus Lausanne, chantier, par MB, budget-participatif

Photo MB

Améliorer la précision technique et le chiffrage :
la co-construction à Paris

Au moment de l’étude de faisabilité et de chiffrage des projets, les services doivent régulièrement contacter les déposants pour se faire préciser leurs idées. La co-construction amène les porteurs à se rencontrer pour partager leurs idées et réfléchir ensemble à un projet plus global. Cette étape crée non seulement du lien social, elle définit aussi mieux les projets et leurs implications. Au final, elle peut faciliter l’étude technique et le chiffrage.

Lire aussi notre article consacré aux nouveautés de l’édition 2016 à Paris

Illus travaux Lausanne, par MB, budgets-participatifs

Photo : MB

Les porteurs associés jusqu’à l’inauguration :
le suivi en continu à Grenoble

A Grenoble, 9 projets ont été votés par les habitants l’an dernier. Dès janvier, les porteurs de projet ont été associés aux réalisations. Ces nouvelles méthodes de travail n’ont pas soulevé de résistance en interne, « cette participation concrète a été bien accueillie. » Le chef de projet de conclure : « il n’y a pas de coupure. » Les services ne se réapproprient pas les projets, car de l’idée à sa concrétisation, les porteurs sont associés à toutes les étapes.

Lire aussi notre article consacré à la première édition à Grenoble


Bilan : mieux comprendre, mieux agir


Le vote d’un projet n’est pas la garantie qu’il ne rencontrera aucune résistance au moment de sa réalisation. La concertation est par conséquent utile en amont du scrutin. Elle peut aussi enrichir le projet ou le clarifier, à l’image de sa forme la plus aboutie qu’est la co-construction. Enfin, l’association des déposants à la réalisation du projet évite l’écueil d’une réappropriation technique.


Illustration : « Grille 2 » par © Shogunangel