« Le changement, ça se voit ! » La dernière campagne de la Mairie de Paris invitant les Parisiens à voter au budget participatif a su faire parler d’elle. Au-delà, elle interroge sur le traitement par les médias de cette innovation démocratique. 5 points pour comprendre

La campagne du budget participatif a su faire parler d'elle.

Paris a joué la polémique pour faire parler du budget participatif. Ce choix marque aussi un aveu. Il est difficile d’intéresser au programme.

D’après la Mairie de Paris, c’est « un trait d’humour », « un clin d’œil assumé ». La campagne de communication autour de la votation du budget participatif parisien a choisi de détourner le slogan de campagne de François Hollande… pour faire parler d’elle. Au-delà de la polémique, elle signe aussi un aveu : il est bien difficile d’intéresser les rédactions au programme.

♦ Lire les articles de France Inter et de L’Express sur la polémique


1- C’est difficile à traiter

Un budget participatif n’est pas facile à traiter dans les médias. Ces programmes sont encore très récents et donc peu ou mal connus des citoyens. Pour les journalistes, il faut donc expliquer de quoi il s’agit, comment ça se déroule et surtout que tout le monde peut participer. Mais ces programmes durent une année. A chaque phase, il faut encore réexpliquer le principe…

Lire notre article « Les budgets participatifs en 10 questions »


2- Ça manque de « personnages »

Participer à un budget participatif, c’est faire de la politique autrement. Mais son traitement ne s’appuie pas sur les ressorts médiatiques habituels. Il n’est pas question de duels, de guerre des chefs, de stratégies… Quant au storytelling des candidats, ici les porteurs de projets sont en majorité des citoyens ordinaires. De parfaits inconnus !

Lire notre article sur le budget participatif et l’abstention

Les chiffres : la participation en tête 
Bien sûr, la question de la participation est une constante des relations presse. Bien sûr, les taux de participation ne dépassent pas encore les 5 à 6 %. Ces chiffres appellent parfois à des titres peu amènes sur le sujet. Pour rappel, la majorité des budgets participatifs des grandes villes sont encore nouveaux. Patience et longueur de temps…


3- Ça n’intéresse que les médias « positifs »

Le film Demain de Cyril Dion a rassemblé un million de spectateurs.

Le film documentaire Demain de Cyril Dion a réuni plus d’un million de spectateurs.

De plus en plus de ces citoyens ordinaires décident pourtant de « mettre la main à la pâte ». Le budget participatif est une traduction politique de ce changement d’époque. Seuls quelques médias spécialisés mettent en lumière ce renouveau de l’engagement, à l’image de Up le Mag, Wedemain ou encore du film Demain. Ils nous parlent d’initiatives et d’innovations qui influeront sur le monde de… demain.

♦ Accéder au site de Up le Mag et Wedemain


4- Mais ça raconte des histoires

Demain c’est loin mais demain on racontera encore des histoires. Comme celle de cette jeune femme, Stéfanie Wojciech, qui en discutant avec un ami a eu l’idée de casiers en libre service pour faire du sport en sortant du boulot. Cette histoire a son héroïne, une jeune femme comme les autres et à laquelle chacun peut s’identifier. Elle prouve que vous et moi pouvons changer le quotidien des autres.

Lire l’article de 20 Minutes


5- Et ça peut (aider à) changer le monde

StreetPress a relayé l'appel au vote pour "sauver" le Freegan Pony.

L’appel de StreetPress sur Twitter

Autre exemple avec le « Freegan pony », un restaurant qui collecte et cuisine des denrées destinées à la poubelle et les propose à prix libres. Installé dans un squat, la Ville de Paris l’invite à réaliser 250 000 € de travaux pour y rester. Le Paris « freegan » et alternatif se mobilise. Une bonne nouvelle car ce public engagé donne un crédit plus politique au budget participatif.

Lire l’article de StreetPress

Réseaux sociaux : des tops et des clics
« Top 10 des projets insolites au budget participatif. Quand vous allez découvrir le n°6 vous n’en reviendrez pas ! » C’est avec un sens aigu de la dérision que nous avons récemment posté ce message sur la page Facebook du site. Au-delà de la boutade, la sélection de projets insolites est un exercice incontournable des relations presse.


Bilan : raconter des histoires


Pour intéresser les médias au budget participatif, évoquer l’expertise d’usage, le lien social dynamisé ou encore le développement durable est vain. Un bon article, c’est d’abord une bonne histoire. Et c’est avec ces bonnes histoires que les budgets participatifs donneront à chacun l’envie d’agir.


Image de couverture : une affiche de la campagne pour inviter les Parisiens à voter au budget participatif 2016