Lanester s’apprête cette année à lancer son premier budget participatif. Son premier ? Pas tout à fait, la ville travaillait déjà avec ses conseils de quartier pour élaborer son budget.

En 2014, après sa réélection, la municipalité a décidé de renouveler son budget participatif. Depuis son premier mandat en 2001, la ville avait instauré des Conseils de quartier et créé un dispositif de participation au budget de la commune. Chaque instance avait pour mission de proposer ses travaux pour son secteur. Lors d’un Conseil municipal participatif sur le budget, il revenait aux élus de voter les projets. De fait, le dispositif rassemblait davantage les aménagements de proximité qu’il n’incitait à penser un projet pour le quartier.

Avec le temps, « le dispositif s’est essoufflé, » regrette Michelle Janin, l’adjointe à la démocratie locale et ancienne membre d’un Conseil de quartier.  Aussi, la ville a décidé de repenser entièrement ses outils de participation. La municipalité a commencé par renouveler sa charte de la démocratie participative. Les huit conseils de quartier ont disparu au profit de quatre assemblées de secteur et un cycle de concertation annuel sur une thématique d’action publique a été créé, rassemblant 500 habitants la première année (voir encadré). A partir de mai, le budget participatif sera renouvelé.

Une concertation illustrée
Un cycle de concertation a été lancé pour l’aménagement d’une surface de 3 ha en Centre-ville, rassemblant 500 habitants, dont certains étaient tirés au sort. Cinq séances de travail et réflexion ont réuni une centaine de participants et permis de mettre en forme le projet qu’ils imaginent pour cette zone, aidés en cela par un illustrateur.

L’ancien se rapprochait davantage d’une commission extra-municipale. Pour le nouveau, Damien Fournel, le directeur du service démocratie participative, a présenté deux propositions. La première s’appuie notamment sur les expériences de Grenoble et Montreuil. La seconde, plus originale, visait à créer un budget participatif des écoles, à l’image de ce que fait à présent Paris. En se concentrant sur cette compétence communale, « nous nous inspirions des budgets participatifs des lycées pour pouvoir mobiliser la communauté éducative, nos Atsem et les parents d’élèves. »

C’est finalement à l’échelle de la ville que Lanester va renouveler son budget participatif. Il bénéficiera de 2,5% du budget d’investissement de la ville, soit 100 000 €. Pour son élaboration, le technicien sait pouvoir s’appuyer sur l’expérience des anciens membres des Conseils de quartier, dont certains ont rejoint l’Observatoire de la démocratie participative local. Dès le mois de mai, les Lanestériens pourront proposer leurs idées. « On ne se sait pas ce qui va en sortir, glisse Mme Janin, mais nous voulons montrer aux habitants de quoi ils sont capables. »

Une pré-sélection, comme à Grenoble
Lanester s’inspire de Grenoble et de sa « Ruche aux projets » pour son budget participatif. Après le dépôt des idées sur une plate-forme en ligne, une réunion regroupera les habitants pour présélectionner 10 projets qui seront ensuite analysés par les services municipaux, avant d’être soumis au vote des habitants.

Le budget participatif se poursuivra jusqu’à fin novembre. Il devrait aussi associer 10 porteurs de projets à une réflexion sur l’intérêt général et comment le dispositif peut y répondre. Pour faire émerger de nouveaux types de projets ? « Dans les autres villes, les habitants proposent en majorité des idées en lien avec le cadre de vie » remarque Mme Janin. Lanester espère voir plus loin.