L’année 2015 a vu se développer les budgets participatifs en France. Après Paris en 2014, de grandes villes comme Rennes, Grenoble ou Montreuil ont créé le leur. Pourtant, s’agit-il d’une réelle nouveauté ? Les premières expériences datent en réalité du début de ce siècle.

Au début des années 2000, l’érosion de la participation électorale (qui jusque-là n’a pu être stoppée) et le succès de l’initiative de Porto-Alegre amènent les élus et la société civile à s’interroger sur des solutions face à la crise de la représentation. L’idée d’une démocratie plus participative, impliquant les citoyens dans la décision, a fait son chemin. En 2002, la loi Vaillant relative à la démocratie de proximité instaure les conseils de quartier.

C’est sur ces nouvelles instances que vont s’appuyer les premiers budgets participatifs à la française, en démarrant à l’échelle du quartier pour finir à l’échelle communale, à l’image du processus à l’œuvre à Porto-Alegre. Dans une ville comme Saint-Denis qui a créé des conseils de quartier dès les années 1980, le budget participatif est venu donner un nouveau souffle à la démocratie de proximité. A Bobigny, c’est en revanche à partir d’une consultation des habitants sur l’avenir de leur ville que la voie s’est ouverte.

Dès 1998 à Morsang-sur-Orge

Le premier budget participatif naît à Morsang-sur-Orge en 1998. En 2001, les premières expériences communales naissent à Saint-Denis (93). L’année suivante, Paris XXème, Bobigny (93), La Courneuve (93) ou Arcueil (94) se lancent à leur tour, avant, en 2003, Aubagne (13), en 2004, Pont-de-Claix, Vif (38) et Limeil-Brévannes (94) et, en 2005, Grigny (69). A la Roche-sur-Yon (85), les « Enveloppes de quartier » existent depuis plus de 30 ans mais, comme leur nom l’indique, elles ne dépassent par l’échelle du quartier.

Saint-Denis présente toujours un budget participatif, le XXème arrondissement de Paris a renoué avec le dispositif avec celui mis en œuvre par la Ville de Paris en 2015, mais la grande majorité de ces expériences ne sont pas arrivées jusqu’à nous. Ce sont d’abord pour des raisons électorales qu’ils ont disparu. Les alternances politiques, lors des élections municipales de 2008 et 2014 dans le cas de Grigny, ont mis un terme à ces dispositifs, voulus par des élus issus de la gauche communiste et radicale.


Au-delà de la couleur politique, l’une des raisons qui peut expliquer que ces dispositifs n’aient pas survécu dans le temps est précisément leur nouveauté et le manque de recul d’alors, en France. Les budgets participatifs aujourd’hui présentés à Paris, Grenoble, Metz, Montreuil ou Rennes s’appuie sur des principes et un calendrier homogènes.


Photo de couverture : Hôtel de Ville de Grigny (69) // CC G.MOULIN photographies