Loon-Plage est l’unique commune en France à avoir lancé un budget participatif visant à réaliser des économies. Les ateliers ont présenté le risque de remettre en cause la politique municipale . Nous avons fait le point avec Eric Rommel, le Maire de cette commune située entre Dunkerque et Calais. Deuxième partie : le budget participatif, le bilan pour la collectivité.

1- Pourquoi un budget participatif pour faire des économies ?

Et pourquoi ne pas avoir pris ces décisions en Conseil municipal ? La Municipalité devait réduire des prestations à la population. Pour le Maire, il était logique d’associer les habitants à la décision, avec une visée pédagogique. Réélu pour la deuxième fois avec 82% des voix, le Maire ne devait pas craindre que le programme tourne au désaveu.

Lire le précédent article « Un budget participatif et 300 000 € d’économies« 


2- Comment le programme a-t-il été accueilli par l’équipe municipale ?

Le budget participatif de Loon-Plage a été porté par son Maire devant une équipe municipale stable. La crainte des élus qui ont porté des projets au cours des mandats étaient de voir leur travail désavoué (voire supprimé) par la population. Au final, des politiques municipales ont été amendées mais aucune n’a été remise en cause lors des ateliers.


3- Et par les services municipaux ?

Les services municipaux ont mené un important travail en amont et en aval des ateliers. Préparer le travail des habitants a conduit à chiffrer les politiques publiques dans le détail. Les propositions ont amené les services publics à réfléchir à leurs priorités. « J’ai l’impression d’avoir changé la culture de la Ville », se félicite le Maire.


Eric Rommel, Maire de Loon-Plage, budget participatif

Eric Rommel, Maire de Loon-Plage DR

4- Quel bilan tire le Maire de l’expérience ?

D’abord, les habitants ont travaillé dans le sens de l’intérêt général. Ensuite, les propositions des habitants ont globalement approuvé la politique municipale. En interne, élus et services ont joué le jeu et changé la culture interne. Enfin, la Ville va réaliser les économies qu’elle s’était fixée et n’augmentera pas les impôts. Un bémol, la participation est restée faible.


5- Quels conseils pour les élus qui souhaiteraient imiter Loon-Plage ?

Des maires ont assisté aux ateliers, marquant leur intérêt pour ce budget participatif. Pour le Maire, la première chose est de bien expliquer le principe aux élus et aux services. Il ne s’agit pas de remettre en question leur travail, mais bien d’ouvrir la décision municipale aux citoyens. Un positionnement qu’il juge plus pertinent que celui de « Maire en colère ».


Bilan : réussir sans risquer l’impasse


Brive-la-Gaillarde avait lancé une consultation sur les priorités des habitants, visant à faire des économies. Il s’agissait d’une nouvelle mandature et la consultation consistait en un questionnaire. Sans discussion donc. Ici, il s’agit d’une opération plus délicate à mettre en œuvre car c’est risquer pour l’élu de voir cet exercice exprimer un désaveu. Cette démarche est une première. Il paraît plus prudent d’encadrer les débats sur des thématiques précises afin éviter des excès qui, au final, conduirait d’une initiative citoyenne à une impasse politique.