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Le Budget participatif : pour les invisibles ou les Bobos ?

Depuis les dernières élections municipales de 2014 et le renouveau des Budgets participatifs, les collectivités visent la participation citoyenne. Comment en faire un outil en faveur de l’inclusion ?

Depuis 2014, le renouveau des Budgets participatifs s’est largement appuyé sur les plates-formes de participation en ligne. Les “civic-techs” sont, d’une part, adaptées à un exercice du vote “non-traditionnel”. D’autre part, elles n’ont pas d’impact sur les choix des citoyens.

Cette solution technique, pertinente pour informer les citoyens et assurer la collecte et le vote des projets, comporte une limite. Elle peut être un frein à la participation, quand il s’agit de formuler une idée pour son quartier ou sa ville, au-delà des questions d’inhibitions ou de la fracture numérique.

Donner les moyens d’agir


Pour développer l’inclusion via le Budget participatif, il faut donc voir les projets proposés se réaliser. Et, avant cela, il faut pouvoir faire émerger les priorités, en particulier auprès des publics en retrait de la vie locale.

Les ateliers d’idéation, de maïeutique, de coconstruction des projets sont autant d’outils qui répondent à ces enjeux. Il s’agit de donner à tous les raisons et les moyens d’y participer, en les organisant aux moments importants et au plus près des besoins.

Des projets les plus simples aux plus innovants


Les idées les plus déposées au Budget participatif sont finalement assez simples : un banc, un square, une aire de jeux, du végétal, autant de projets (ou « projets-géraniums » pour certains…) que l’on souhaite voir émerger dans la proximité de son domicile, autant d’aspirations à prolonger son bien-être dans l’espace public.

Les réaménagements d’espaces publics, voire leur transformation dans leur usage sont des projets qui appellent des compétences qui sont celles de citoyens experts. Des citoyens déjà bien insérés et qui correspondent au public “traditionnel” de la participation, doté d’un niveau socio-économique supérieur.

L’objectif : des réalisations concrètes


Les projets novateurs nés des Budgets participatifs émergent de collectifs très informés, à l’image des frigos partagés par exemple (pour réduire le gaspillage alimentaire). A l’origine, ces groupes d’avant-garde inscrivent leurs revendications et leur action dans le cadre institutionnel.

La portée des ateliers citoyens est l’une des clés de la participation de tous au Budget participatif, au même titre que la réalisation des projets, qui est la preuve que “ça marche”. Il faut aussi se rappeler que le Budget participatif a pour objectif de réaliser des projets.