Les projets du budget participatif vont changer la vie des Parisiens. Ils ont jusqu’au 2 octobre pour voter (et c’est ici). Nous avons rencontré Ari Brodach, le responsable du programme à la Mairie de Paris, et avons cherché à savoir comment le budget participatif change… la Mairie de Paris.
1- Le budget participatif change-t-il le rapport de Paris à ses administrés ?
OUI, PROGRESSIVEMENT
L’idée d’une participation systématique des citoyens aux politiques de la Ville s’impose progressivement. Les directions sont invitées à concerter les Parisiens. Elles sont appuyées en cela par le service de la Participation citoyenne (qui a en charge le budget participatif). Il n’y a plus aujourd’hui un projet-phare à Paris qui ne soit réfléchi sans concertation, à l’image des des Berges de Seine ou de Paris 2024. Enfin, l’image des Permis de végétaliser ou les ateliers participatifs marquent un vrai tournant : les directions ouvrent aux citoyens le droit d’intervenir sur l’espace public.
♦ Voir aussi le site de la Mairie de Paris dédié aux concertations
2-Le modèle parisien du budget participatif est-il maintenant définitif ?
OUI, GLOBALEMENT
Le budget participatif a encore évolué entre 2015 et 2016, avec la création du budget participatif des écoles (10 M€) ou le fléchage de 30 M€ en faveur des quartiers populaires. Pour cette édition, l’objectif a été de faire naître des idées partout dans la capitale et de favoriser la co-construction des projets. Dit autrement, Paris a privilégié la qualité des propositions à leur quantité. Le modèle n’évoluera sans doute qu’à la marge en 2017, pour l’appropriation des projets par exemple.
♦ Lire notre article « L’édition 2016 du budget participatif de Paris mise sur la co-construction. »
3-Le budget participatif modernise-t-il l’administration parisienne ?
OUI, PROGRESSIVEMENT
C’est l’un des grands objectifs des budgets participatifs. Pour rappel, la Mairie de Paris a les compétences d’une commune et d’un département et agit au quotidien pour 2,2 millions de Parisiens. Avec le budget participatif, les directions apprennent déjà davantage de l’expertise d’usage des citoyens, mais aussi de leurs aspirations (voir point suivant). Au-delà, cette expérience s’appuie sur une pratique plus horizontale du pouvoir. C’est un vrai changement comparé à l’exercice descendant du pouvoir qui guide l’action publique. Dans les années à venir, il faut imaginer cette évolution s’amplifier.
♦ Lire notre article « Budget participatif : 5 raisons de se lancer »
4-Le budget participatif va-t-il changer la manière de concevoir le Paris de demain ?
OUI, PLUS RAPIDEMENT QU’ON NE L’IMAGINE
L’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR) a rédigé une étude pour analyser la participation en général et les idées en particulier, issues du budget participatif. Son objectif est de mieux comprendre les aspirations des Parisiens. Cette étude informe de grandes tendances et des espaces que les habitants souhaitent reconquérir. Elle devrait aider à prioriser les politiques. Elle est nettement plus pertinente et fiable qu’un sondage, car les déposants (d’un projet) s’investissent davantage.
♦ Lire notre article « Quels projets attendre d’un budget participatif ? »
La campagne du budget participatif a su faire parler d’elle…
Le budget participatif peut-il disparaître après les élections de 2020 ?
NON, C’EST PEU PROBABLE
Le budget participatif est une question de volonté politique et cette volonté dépend des urnes. Selon nous, la réélection d’Anne Hidalgo garantirait la pérennité du programme. Cependant, en cas de victoire d’un-e candidat-e de l’opposition, il y a de fortes chances que le budget participatif soit maintenu, au moins dans ses grandes lignes. C’est un programme populaire auquel participent tous les arrondissements. Ensuite c’est un dispositif plus progressiste que marqué idéologiquement. Et tout candidat qui veut être élu à Paris porte nécessairement des idées progressistes.
♦ Lire notre article « Le budget participatif pour lutter contre l’abstention ?«
CONCLUSION : le Pari du changement
Le budget participatif n’est certes pas le seul outil de concertation de la Ville mais il est sans doute le « vaisseau-amiral » de la démocratie participative. Progressivement, il appelle à concevoir différemment les méthodes de travail en privilégiant des approches horizontales. Déjà, il est le reflet des grandes aspirations des Parisiens. Une source d’inspiration pour les futures réalisations de la Mairie de Paris… et les 36000 communes françaises !