2800 budgets participatifs dans le monde*, mais pour quelles raisons au juste ? De Porto-Alegre à Paris, les grandes institutions internationales ne placent pas les mêmes objectifs dans ce programme.

A l’origine, pour transformer la société

Au départ, le budget participatif a été défini à Porto-Alegre comme un outil de transformation de la société. Ce choix politique et idéologique visait à faire participer ceux qui, jusque-là, n’avaient guère leur mot à dire sur la vie de la cité. Les quartiers les plus en difficulté ont changé les priorités. Ils ont réorienté la dépense publique et nettement amélioré leurs conditions de vie.

En France, pour la participation citoyenne et le lien social

Depuis 2014, les budgets participatifs connaissent un véritable renouveau en France. Paris, Rennes, Grenoble, Metz ou encore Montreuil se sont lancées. En Europe, les enjeux sont différents. Il s’agit moins de palier à un manque d’infrastuctures que de répondre à des objectifs sociétaux, comme dynamiser la participation citoyenne, retisser du lien social ou remédier au scepticisme vis-à-vis du politique.

Pour la Banque mondiale : lutter contre la corruption

Pour la Banque mondiale, active en Afrique subsaharienne par exemple, les budgets participatifs sont définis pour répondre à d’autre questions. L’institution les a développés pour renforcer le contrôle social. Les citoyens ont un regard sur la destination de l’argent public et son utilisation par les politiques. Ainsi, les budgets participatifs visent à lutter contre la corruption d’un côté et, de l’autres, ils encouragent le civisme fiscal – les citoyens payent leurs impôts.

Pour l’ONU : sortir de la pauvreté

Pour l’ONU, le budget participatif vise en premier lieu à atteindre les objectifs du Millénaire de lutte contre la pauvreté. L’ONU veut sortir les gens de la misère et pour cela, le budget participatif vise à mieux gérer les ressources publiques. Les Nations-Unies y voient aussi dès lors un outil qui doit favoriser la croissance économique et le développement social. A titre d’exemple, l’Unicef en Argentine travaille à l’éducation des adolescents à la citoyenneté.

Pour l’Europe : diffuser de bonnes pratiques de gouvernance

Pour l’Union européenne et son réseau URB-AL, réseau d’échanges entre les villes européennes et d’Amérique latine, il s’agit de diffuser les bonnes pratiques de gouvernance locale, à savoir la participation citoyenne à la décision politique ou la transparence de l’action des institutions.


Bilan : un outil qui s’adapte aux contextes régionaux


Un outil de participation des citoyens, de lutte contre la pauvreté ou la corruption ? Les budgets participatifs s’adaptent en réalité aux enjeux locaux, dans des contextes régionaux très différents. C’est leur grande force et c’est ainsi qu’Yves Cabannes a travaillé à leur diffusion, mais ça c’est une autre histoire…


* Source étude Nexus 
Visuel : photo CC de Verena Schaüble